La guerre franco-prussienne de 1870 a durement frappé le village. Occupée par 3000 soldats prussiens pendant un mois, Aulnay est dévastée : archives municipales en partie brûlées, vols chez l’habitant et dévastations de fermes.

Cette douloureuse parenthèse refermée, l’histoire et l’essor d’Aulnay vont dès lors s’accélérer.

Première période de développement

BucheronEn 1870, toute la partie de forêt de Bondy, située sur le territoire communal, est déjà lotie. 

En 1878, Aulnay-sous-Bois, pourvue d’une gare depuis trois ans, atteint 627 habitants.

En 1893, le quartier du Parc commence à se créer, sur un fragment de la forêt de Bondy appartenant à la famille d’Orléans qui la vend à 
ce moment. Des maisons s’y construisent peu à peu, accueillant principalement la petite bourgeoisie (propriétaires, commerçants, professions libérales). La municipalité, dirigée de 1866 à 1893 par le comte Dominique de Gourgues, châtelain d’Aulnay, répond à leurs aspirations.

Deuxième période de développement

Avenue de SavignyUne deuxième période de développement (1897-1914) voit la création de nombreux lotissements accueillant une importante partie d’employés et une proportion non négligeable d’ouvriers.

En 1914, la ville compte 7 141 habitants.

Jules Princet, auteur dramatique et futur maire d’Aulnay, lui donne une dimension culturelle réputée avec son « théâtre aux champs », précurseur des festivals d’été contemporain.

La « Grande guerre » voit Aulnay ville de cantonnement et d’étape pour les troupes montant ou rentrant du front. Entre les deux guerres, la facilité de communication par voie ferrée et la proximité de Paris (9 km) provoquent une extension considérable de la ville, devenue chef-lieu de canton en 1922.

La crise du logement à Paris, et l’insalubrité de ceux existants, incitent la population à venir s’installer dans ce qui va devenir la banlieue. Les messages des lotisseurs sont prometteurs : "Quittez vos taudis pour vivre au grand air devenez propriétaires, ayez une maisonnette bien à vous, au milieu d’une riante vallée bordée de bois, de rivières". Les gros rapports, dégagés entre l’achat de propriétés rurales et leur revente en lotissements à des particuliers, provoquent l’arrivée anarchique de nouveaux habitants.

Parallèlement, l’industrie commence à s’implanter timidement sur Aulnay dans les années 20. La Fonderie des Radiateurs, implantée en 1924, va donner du travail à quelques 2 300 ouvriers. Elle deviendra plus tard Idéal Standard.

En 1926, 21 636 habitants sont recensés.

La rivière La Morée une fois canalisée, rien n’empêche plus la division systématique du territoire en lots.

Troisième période de développement

Cité des merisiersCette troisième période de lotissement (1919- 1931) est celle du développement le plus rapide que la ville ait jamais connu.
L’accélération de l’expansion démographique, initiée au début du siècle, exige des équipements considérables, les rues n’étant encore que de simples chemins.

En quelques mois, les lotissements étaient vendus, les premières maisonnettes sortaient du sol. L’automne et l’hiver venaient atténuer les ardeurs : pas d’électricité, pas de gaz, pas d’eau, pas d’égout, pas d’école, de la boue partout. Face à ce phénomène, présent dans de nombreuses régions, une loi réglementant la création des lotissements est adoptée en 1924. Pour ceux déjà existants, il faut attendre la loi dite Sarrau de 1928 sur la fourniture des ressources nécessaires à l’aménagement.

La Seine-et-Oise, à laquelle est rattachée Aulnay sous-Bois, détient au début des années 30 le triste record du nombre de lotissements défectueux. Leurs habitants, baptisés les "mal lotis", appuient à Aulnay-sous-Bois les listes du parti communiste. Ces listes remportent les municipales de 1935. La nouvelle municipalité est soutenue par les "mal lotis" du nord du Vieux Pays, qui portent les revendications des couches populaires. Elle comprend trois métallurgistes, deux cheminots, deux serruriers, deux imprimeurs, un maçon, un peintre…
Après les propriétaires fonciers, les commerçants et les fonctionnaires, les ouvriers accèdent à leur tour à la direction de la ville.
Le recensement de 1936 dénombre alors 31 763 âmes.

Dans les années qui précèdent la 2ème guerre mondiale, on construit un pavillon par jour et, chaque jour, 2 000 ouvriers vont travailler hors de la ville. Le caractère de ville résidentielle s’accentue. La croissance rapide, la juxtaposition, et parfois l’imbrication de zones champêtres, résidentielles et industrielles, dessinent une agglomération qui a poussé trop vite.
Aux "générations spontanées" de lotissements survenues jusqu’à la loi Sarrau, succède en banlieue parisienne la période des projets de cités-jardins. Ou l’on tente de faire cohabiter joies du jardinage et développement urbain

Une nouvelle fois la guerre frappe aux porte d’Aulnay en juin 1940.
La 2ème guerre mondiale voit une ville occupée sous le joug nazi. Rationnement, humiliation, bombardements sont les préoccupations quotidiennes des aulnaysiens. La libération de la ville, avec le concours décisif de la résistance, unie au sein des Forces Françaises de l’Intérieur, intervient le 26 août 1944.
La reconstruction 1947-1975 La ville d’Aulnay-sous-Bois connaît un nouvel essor démographique. De 32 356 habitants en 1946, elle passe à :

  • 38 534 en 1954, 
  • 47 872 en 1962, 
  • 61 521 en 1968, 
  • 78 271 en 1975.

Dans les années 50, 2 à 3 000 travailleurs de la banlieue nord-est font chaque jour le trajet vers Aulnay-sous-Bois, tandis que près de 10 000 aulnaysiens se rendent quotidiennement à Paris.

La structure socio-économique de la ville devient de plus en plus déséquilibrée.
Aulnay-sous-Bois est sur le point de devenir une « ville-dortoir », dont les ressources propres ne sont pas suffisantes pour faire face aux charges croissantes nées des besoins en biens d’équipement. Pour tenter d’y remédier, la municipalité décide de créer une zone industrielle de 18 hectares en 1962 au lieudit La Garenne, qui doit engendrer 3 000 emplois. Malgré l’urbanisation importante depuis l’entre-deux-guerres, Aulnay-sous-Bois conserve pendant plus d’une décennie après le second conflit mondial un important secteur agricole.
Ainsi, en 1958, une zone rurale de 844 hectares produit au nord du Vieux-Pays : blé, avoine, orge, pommes-de-terre, betteraves, oléagineux et luzerne.

Au début des années 60, toute la partie centrale de la commune est occupée par des immeubles ou des pavillons, alors que la partie nord-ouest, vers le Blanc-Mesnil, est encore champêtre. Le Sud connaît son aspect résidentiel contemporain.

Dans la partie est, entre le canal de l’Ourcq et la ligne Paris-Soissons, un quartier industriel de 14 hectares environ, soudé à celui de Freinville (commune de Sevran), est animé par trois usines : la Compagnie nationale des Radiateurs, Decauville et la Société lilloise de matériel de chemin de fer, occupant de nombreux ouvriers. Aulnay-sous-Bois compte aussi de nombreuses petites entreprises artisanales. Un port sur le canal de l’Ourcq, une gare sur le chemin de fer Paris-Soissons et la présence sur son territoire de la N370 reliant la ville à la route de Meaux en font un centre commercial important de l’agglomération parisienne.

En 1972, deux zones industrielles supplémentaires sont créées : Les Mardelles et la Fosse-à-la-Barbière. Citroën implante au nord d’Aulnay sous-Bois sa principale usine de la région parisienne en 1971. Cette nouvelle unité de production absorbe, notamment en provenance d’Afrique, des ouvriers nombreux. Pour donner un toit aux ouvriers et aux cadres, on édifie à partir de 1969 le quartier de la Rose-des-Vents dans la partie Nord du territoire communal, sur d’anciennes terres agricoles. 3 000 logements HLM, des pavillons et une galerie commerciale doivent accueillir 16 000 habitants. 

Cet essor des zones industrielles et commerciales va permettre d’offrir 11 000 emplois sur le territoire d’Aulnay-sous-Bois. En 1972, 45 % de la population active de la cité y travaillent.

Succède à cet « âge d’or des trente glorieuses » une période de crise et de montée du chômage traversant toute la société française. Idéal-Standard ferme ses portes en 1975, occasionnant le licenciement de 2 920 personnes.

Dans les quatre années suivantes, plus de 1 600 licenciements gonflent les rangs des chômeurs, qui représentent 9 % de la population active de la ville.

Une zone industrielle est créée sur les terrains d’Idéal-Standard, évitant une opération spéculative, et ouvrant la perspective de 600 à 1 000 nouveaux emplois. Ainsi, cette ville, encore champêtre à la veille de la première guerre, a conservé le double visage - rural et industriel - jusqu’aux années 1950.

La mise en place d’implantations industrielles et commerciales est apparue comme l’un des éléments décisifs du façonnement urbain, en même temps que l’un des principaux moyens employés par les municipalités successives pour remédier au chômage du début des années 60 à la fin des années 70.

Sources

TENINE MICHEL, Nadia
Les français et la politique dans les années soixante (II).- Dossier paru dans le Bulletin de l’IHTP, n° 79, octobre 2002

GUILLERME, André, LEFORT, Anne-Cécile, JIGAUDON, Gérard
Dangereux, insalubres et incommodes – Paysages industriels en banlieue parisienne XIXe – XXe siècles.- Ed. Champ- Vallon, 2004

LEGOULLON, Gwenaëlle
Regard sur la politique du logement dans la France des années 1950-1960, dans Le logement et l’habitat comme objet de recherche.- Actes de la Journée d’étude Jeunes chercheurs, 20 mai 2005

VARIN, Jacques
Aulnay sous bois ,jeunesse d’un vieux pays.- Messidor-Temps actuel, 1982

Cabinet Guignard
Aulnay 3000. Opération Habitat et vie sociale:- Cabinet Guignard, juillet 1978.- 228 p. + annexes

Archives municipales d’Aulnay sous Bois : conseil municipal, délibérations 1932 –1950.- Cotes 1W41 à 1W61

Bulletins du CAHRA, Cercle Archéologique et Historique de la Région d’Aulnay

Aulnay 1965 1970 cinq ans de vie municipale.- Bulletin municipal d’Aulnay-sous-Bois, l970